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Opération CHU mort mercredi 18 juin à Nantes..

mardi 17 juin 2008, par soph ki peu

Ouest-France 17/06/08

Opération « CHU mort » mercredi à Nantes

Demain mercredi, les syndicats du CHU de Nantes appellent, de nouveau, à la grève. Et, même, à une journée « Hôpital mort ».
Mercredi, le comité technique d’établissement du CHU devrait examiner les restrictions budgétaires proposées par le directeur général par intérim, Daniel Moinard, pour limiter le déficit alarmant de l’hôpital. Les représentants syndicaux ont annoncé qu’ils refuseraient de siéger. Les hospitaliers sont appelés à cesser le travail, quitte à faire annuler les consultations et les interventions chirurgicales non urgentes.

Les syndicats du CHU de Nantes refusent, tous, de voir le personnel « payer les erreurs de gestion ou l’insuffisance historique du financement de l’État ». Les responsables des pôles planchent, pourtant, sur la meilleure façon d’économiser 4 % de la masse salariale tout en continuant à faire progresser l’activité des services. En effet, seule l’activité finance, désormais, le CHU.

Dans les services, la morosité la dispute à la colère. Hier matin, lors d’une réunion de l’intersyndicale CFTC, FO et Sud, les infirmières et les aides-soignantes témoignaient de leur lassitude. Et de leur inquiétude face à l’avenir. « Nos collègues en arrêt maternité ou en maladie ne sont pas remplacés. Depuis deux semaines, nous travaillons tous les jours avec un effectif de week-end. Et le week-end, nous nous retrouvons au-dessous des effectifs légaux », témoigne Monique, du service des brûlés.

Un appel aux médecins

Catherine, du service de transplantation et de dialyse aiguë ¯ où la loi impose, également, un effectif minimal ¯ confirme : « Nous travaillons, déjà, en flux tendu, avec l’effectif plancher. Il est impensable de travailler, quotidiennement, comme le week-end ! » La jeune infirmière prévient : « Le risque, dans la situation actuelle, c’est que le service soit contraint de réaliser moins de greffes, que des greffons soient perdus... »

Tamara exerce, elle, dans le service de chirurgie cardiaque de l’hôpital Laennec. « Il y a des opérations toute la semaine, du lundi au dimanche, avec des cas très lourds et un personnel réduit au minimum. On s’accroche à la ridelle. Mais avec les réductions de poste, ça devient impossible. »

Les chefs de service savent que le salut économique du CHU passe par une augmentation des activités. Mais comment faire plus avec moins de personnel ? Aux urgences, en hématologie, en psychiatrie, en gériatrie, les hospitaliers crient casse-cou. Et préviennent : « L’hôpital public est menacé. La sécurité des patients est remise en cause. »

Le syndicat Sud appelle les 2 000 médecins à rejoindre, mercredi, les autres hospitaliers. Martine, infirmière en cancérologie, appuie : « Les médecins doivent se rappeler qu’ils sont des soignants avant d’être des gestionnaires. »

André FOUQUET.
Ouest-France

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